Outreterre, l’économie

LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE
Deux siècles après l’arrivée des premiers colons, l’économie du Duché d’Outreterre a acquis le visage d’une communauté principalement agraire, où l’artisanat et le commerce peinent à trouver leur place. La chasse, la guerre et la politique prennent souvent une place prépondérante dans les préoccupations des puissants dans une terre morcelée, de sorte que les notions telles que « développement économique » sont l’apanage de quelques fols érudits, des discours que nul n’entend réellement.

L’émergence des cinq corporations ainsi que des guildes apporte l’expertise des métiers, et renforce ces liens au cours des décennies. C’est vers elles que se tournent les seigneurs lorsqu’ils projettent de grandes constructions, ou désirent convoyer des marchandises à travers huit baronnies dans trois comtés. Lorsqu’il s’agit de finances, c’est l’ordre du Christus Invictus qui prête aux baronnies de quoi réaliser leurs projets.

LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE
Les terres d’Outreterre présentent mille aspects: des monts rocheux, des plaines et de grandes forêts, de vastes champs entourés de marais. Ces terres sont irriguées par la Rèche qui prend source aux Monts Cornus, par le fleuve St Espérance et la Vipère qui descendent des Monts Venteux et permettent des échanges rapides par bateaux.

Les terres fertiles et les bourgs ont été conquis, à force de labeur, sur une nature indigène qui ne se laisse pas dompter et tente avec obstination de reconquérir ce qui lui a été enlevé. Partout les friches encerclent les zones occupées. Lors qu’un hameau est déserté elles y reprennent leurs droits et le font disparaître en quelques années. Le défrichage est une lutte constante pour les paysans d’Outreterre.

L'HABITAT
Selon les légendes, les villes du continent des origines peuvent abriter plusieurs milliers de personnnes. Rien de tel ici en Outreterre, où les bourgs d’un demi millier d’habitants font figures de centres urbains. Du reste, ce qui fait la différence entre un bourg et une cité, c’est le fait que celle-ci soit entourée de murailles et non le nombre d’âmes qu’elle héberge.

La plupart des fiefs ne comprennent qu’un à trois bourgs et quelques hameaux, entourés de prés et de champs. Certains ne comprennent que des chaumières et le voyageur n’y trouvera pas d’auberge. D’autres bourgs sont dotés d’étables où l’on élève des bisons ou des porcs, ou de greniers qui préservent les récoltes durant toute une année. D’autres encore sont équipés d’une scierie, d’une forge ou d’un moulin. Vous trouverez un aperçu de votre patelin dans la partie économie de votre page de faction.

LES ÉCHANGES
L’essence du pouvoir réside dans la terre, et c’est fondamentalement son territoire qui définit l’étendue du pouvoir d’une Maison… Toutefois dans la modernité de notre Duché, aucun fief n’est affranchi des autres car les échanges de marchandises entre les territoires sont devenus indispensables: l’on veut du vin de Corbeval ou de la laine des Lanark et des armes de Vilebraise, qui a besoin de bois et de minerai pour alimenter ses forges.

Ainsi donc les fiefs vont tantôt pêcher le poisson pour acheter des armes, et tantôt produire du grain pour obtenir de l’or. Ou encore amasser du bois pour construire un moulin qui moudra le grain qu’on échangera contre de l’or pour payer des maçons qui construiront une muraille qui protégera les commerçants qui paieront des taxes pour acheter des lances et lever une armée afin de conquérir la main d’une donzelle qui enfantera des petits comtes qui feront de bons amis, et ordonneront à vos fils d’amasser du bois pour reconstruire un moulin. Tout cela est, à tout dire, plutôt compliqué et affaire de seigneurs. Fort heureusement pour vous, si vous n’êtes ni un seigneur ni un avoué à son service, vous n’aurez guère besoin d’en savoir plus sur cette cuisine d’apothicaire. Le pire vous sera épargné: il vous suffira d’aller au champ ou à la mine, ou de construire un fort et prendre les armes lorsque votre seigneur vous en donnera l’ordre. Vous serez certes plus intéressé de savoir qu’une chope coûte un Cor de cuivre, que 12 cors font une (belle!) Couronne d’argent, et qu’une lointaine rumeur voudrait que dans certaines cours 20 couronnes d’argent s’échangeassent contre un mythique Lys d’or.

LISTE DES BIENS COURANTS

BIEN PRIX
Salaire moyen 5 à 30 couronnes par mois
1 chope 1 cor, ou une rumeur inconnue de l’aubergiste
1 repas 3 cors, ou la bonne représentation d’une chanson courtoise
1 nuit à l’auberge 4 à 8 cors, ou la récitation de complaintes réchauffant l’assistance
Soins chez le médecin 5 cors, ou 1 bouteille d’un petit vin des Corbes
1 épée 8 couronnes, ou une victoire en tournoi contre un chevalier
1 armure 30 couronnes, ou la rançon du second fils d’un baron
1 casque 6 couronnes, ou une heure à fossoyer les corps au coucher d’un champ de batailles
1 bouclier 4 à 8 couronnes, ou un chariot de « gros fer » vendu sans autres questions
1 potion de 5 cors à 5 couronnes, ou un discret service à l’apothicaire
1 duché 228000 lys, ou un cheval en bonne santé (*)

(*) Notez que le dernier cheval d’Outreterre est mort il y a 198 ans, et que parmi les ‘chevaliers’ d’aucuns le pleurent encore.

LA GESTION
Si par contre vous êtes seigneur ou baron de votre fief, il vous incombe de veiller à ce qu’il prospère. Lisez ceci. Vous choisirez peut-être, comme votre père, de ne vous occuper que de batailles et de chasse et de déléguer ce comptage de moutons à votre Dame ou à un lettré de confiance: votre sénéchal.

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